I have been silent for some time; I had to prepare some presentations at the McGill Community for Life Long Learning; one about Benny Goodman and one about Montreal's train stations between 1890 and 1930. I'm also moderating a study group on the First Nations at the St-Lambert Community Learning Center, next to Longueuil.
But I have not forgotten my autobiography project, it is just on hold for the next several weeks.
Next Monday is our Canadian Thanksgiving Day, I will be thanking God for all his blessings to me and my family and friends and also for not creating Canada to dominate the world as Mr Romney thinks the U.S.A. were created to do.
samedi 8 octobre 2011
jeudi 15 septembre 2011
The Man in his lair
When we were in Rome, on August 30, I took a few pictures of the Man in his natural habitat.
(click to enlarge)
Immediately above you have a general view of the lair, to the right and left of the Man you have the goddess and the god protecting the place and at the top, a very nice medallion over the central door reminds one of antique villas.
I thought this collage would prove, should any doubts still linger, that Man is Roma.
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Immediately above you have a general view of the lair, to the right and left of the Man you have the goddess and the god protecting the place and at the top, a very nice medallion over the central door reminds one of antique villas.
I thought this collage would prove, should any doubts still linger, that Man is Roma.
lundi 12 septembre 2011
It hapened
This summer, we, the wife and I, met face to face with MoR and Flavia in Montreal then in Rome. Yesterday, in Montreal, we spent the day with Cheri and Judge Blah, nothing blah about the judge, a lively fellow and a pleasure to talk with.
Fascinating to see virtual relationships becoming factual. When MoR and Flavia came to Montreal, we met Devinder, Montreal blogger and almost met the Commentator, out of Laval. MoR was the link between us and the other two.
Fascinating to see virtual relationships becoming factual. When MoR and Flavia came to Montreal, we met Devinder, Montreal blogger and almost met the Commentator, out of Laval. MoR was the link between us and the other two.
mardi 6 septembre 2011
Un beau voyage
Journal de voyage
14 août au 5 septembre 2011
17 août-- Nous sommes arrivés presqu'en bon état après une envolée sans histoires sauf deux bébés braillards, sérénade toute la traversée...impossible de les envoyer jouer dehors. Le 16, adaptation au changement d`horaire et de mœurs. Visite à la plage et circuit en ville. Excellent «dîner» à 21 heures au Al Andalous, restaurant Maure.
18 août : Les nuits, ici, sont plus agitées que les jours. Avec la chaleur torride, du moins pour nous, je peux comprendre que les rues soient vides tout l'après-midi et grouillantes en soirée.
Dans l'avion, j'ai renversé du café sur mon veston coquille-d'oeuf. La lavanderia ne peut pas le nettoyer, nous irons voir un autre endroit «sul» la Plaza de la Constitucion. Dans le moment, ici, tout le monde est à la siesta; je viens moi-même de me réveiller.
Toute les fenêtres de la maison sont garnies de barreau...mais aucun moustiquaire, beaucoup de piqûres au sein de la population. Le patio est complètement muré à l'instar d'une cour de «prison». La maison elle-même est dans un «gated compound» où l'on entre et dont on sort via une grille électrique. Tout est comme ça autour, pourtant l'endroit ne semble pas dangereux. Autre pays, autre mœurs.
Pas de circuits d'autobus urbains avant plusieurs coins de rues. Tout se fait pedibus cum jambis.
20 août : Hier, visite de Mijas (le vieux) en montagne, environ 1000 pieds. Il y avait une bonne brise et une température supportable. Mis à part l'artisanat espagnol, c'est un autre St-Sauveur...avec des restaurants espagnols et une forteresse maure de 1062, en ruine sauf les parties converties en chapelles et en églises. La chapelle de la Virgen de la Pena est tout à fait remarquable dans la base d'un des anciens dongeon. Fait cocasse, dans un environnement aussi ancien, on peut y allumer un lampion électrique pour un euro...j'ai succombé.
Moins drôle, depuis hier après-midi, j'ai une réaction allergique à je ne sais trop quoi rencontré à Mijas.
21 août : Visite à Ronda, 1h45 d'autobus, surtout à flanc de montagne, paysage magnifique et vieille forteresse arabe du 13e siècle. Les Costo André ne sont pas venus. J'ai pris abondance de photo et acheté le petit guide touristique, très bien fait.
22 août : Petite journée tranquille. André est rentré à Montréal et les enfants, Nicole et les filles sont allés au Bioparc. Thérèse et moi sommes allés explorer autour. Ce soir, nous avons été prendre une bière au fameux Gali Gali cher à Richard et Jutta pour ensuite aller souper à la Playa Serrano. Une bonne bouteille de rosé Faustino VII a bien arrosé les langoustines de Thérèse et mon Rosada (red snapper). Le tout s'est terminé à la Heladeria 900 par une coupe Malaga. Nous nous sommes bien reposés.
23 août : .
Voyage en Angleterre (Gibraltar) où l'on circule à droite mais où l'on utilise la Livre comme monnaie. Taux de change prohibitif, comme les prix...mais on est anglais. L'endroit est magnifique et le rocher très impressionnant. Les rues montantes et très étroites sont un paradis pour les cowboys de la route comme notre chauffeur de minibus pour le tour du rocher et la visite de la caverne St-Michael, une vraie beauté et bien mise en valeur par un excellent jeu de lumières.
Autour de la caverne, les macaques abondent; j'ai même pu photographier une guenon et son petit.
Autre curiosité : à l'arrivée, nous avons dû arrêter à un passage à niveau : un avion atterrissait et la piste traverse la rue...après avoir débuté dans la mer, on est un petit territoire non?
26 août : Thérèse, depuis Gibraltar, s 'offre une grippe carabinée. Donc, hier, r.a.s., sauf une promenade de tour de ville en «tren turistico» avec les filles et Ariane.
Mon veston aspergé de café à bord de l'avion, s'avère irrécupérable. Ce matin, je suis allé au strip mall de l'autre côté de l`autoroute et j'ai trouvé, chez Kiabi, un veston fort convenable pour 50 euros. Ma pointure européenne est un 54, mon 42 canadien semble plus mince.
Les filles sont reparties pour Longueuil ce matin. Demain matin, nous partirons prendre le bateau à Malaga.
Nicole et les enfants rentrerons lundi prochain.
28 août Hier, départ de Malaga à bord de l'Adventure of the Sea. Premières découvertes : les ordinateurs ne fonctionnent pas toujours et Webmail Videotron est bloqué car son certificat de sécurité serait inadéquat; l'alcool n'est pas compris dans le forfait, le café, oui, mais pas le café mocha; le cellulaire ne fonctionne pas en mer.
Aujourd'hui, à Valencia, le cell fonctionne...mais j'ai appelé les filles à 6:00 AM à leur heure. Bon mais elles ont eu de nos nouvelles. Je renonce à l'ordi.
Visite panoramico-historique de Valencia avec une guide historienne. Très intéressant et la ville est très belle. Chose étonnante, le grand nombre de ponts sans rivière : lors d'une inondation catastrophique, il y a une vingtaine d'années, ils ont déplacé la rivière mais pas comblé le lit utilisé pour d'autres fins récréatives et culturelles.
Demain, journée complète en mer et après demain Rome.
382 photos prises à cette heure, gros travail d'organisation au retour chez nous.
31 août : Hier, visite de Rome avec Raffaëlla et Giovanni suivie d''un lunch chez-eux. Leur bonne philipine nous avait préparé des pâtes maisons, un ravioli farci au champignons et au mozzarella, un fettucini à la sauce tomate et viande et une salade verte avec tomate et un mozzarella crémeux inconnu chez-nous. C'était léger et délicieux; les pâtes étaient légères et presque diaphanes, jamais mangé des semblables. Giovanni nous a servi un chianti et un blanc sicilien tout simplement divin.
Nous avons, à pied, visité le Forum, l'Agora, si vous préférez. Ces ruines, à l'ombre du Colisée, sont très impressionnantes et l'édifice de la Curia Iulia, même après 2000 ans garde sa majesté et ses mystères. Un tour de ville en autobus à impériale nous a donné une idée générale de la ville. L'arrêt au Vatican avec la visite de la basilique m'a moins impressionné que je l'aurais cru, peut-être le voyons nous trop souvent aux nouvelles et à la TV. La police de la décence m'a fait penser à l'Arabie Saoudite, mais ici elle vise aussi les hommes, enfin l'égalité des sexes dans l'Église catholique.
Aujourd'hui, nous sommes à Livorno, un port très occupé. En P.M., nous allons visiter Pise. Giovanni nous a plutôt recommandé Florence, mais les tours y sont trop longs et trop centrés sur les musées. D'ailleurs, parlant de tours, deux des trois tours que nous avions choisis, en Toscane et en Corse, ont été annulés faute de participants. Pas synchrones nos intérêts.
2 septembre : Hier,visite d'Ajaccio et des gorges Prunelli. Le chauffeur d'autobus est un héro et notre guide, assise en avant de l'autobus, une femme très courageuse. La route, à peine plus large que l'autobus, en lacets, frôlait continuellement le rocher ou l'abime. Nous avions toujours l'impression soit de foncer droit dans la muraille ou de sauter dans le trou. Entre deux respirations profondes, quelles vues splendides. La Pietra, bière corse à la châtaigne, est un délice.
De retour à Ajaccio, nous nous sommes attablés au bar snack Le Concept. Le filet de porc avec ses fettucini et ses petits légumes nous a fait nous lécher les doigts comme, d'ailleurs le dessert gourmand et son espresso. Tout ça arrosé d'une bonne bouteille de rosé du cru tout à fait honorable.
Nous avons ensuite magasiné et acheté tous nos souvenir dans les boutiques d'Ajaccio
. Tout du made in Corsu sauf l'âne d'Ariane...mde in China!
Aujourd'hui, journée en mer et, demain, Malaga. È finito
3 septembre : Sommes au Holiday Inn Express Malaga, une station d'autobus de l'aéroport, pas cher mais service minmal, entre autre, pas de débarbouillettes, Thérèse est outrée.
Nous avons fait un tour de ville en autobus à impériale, ville très historique et panoramique mais, somme toute, assez terne. Nous avons ensuite luncher copieusement sur la terrasse d'un bistro local plutôt sympathique malgré sa vue imprenable sur les travaux du métro de Malaga
Retour a l`hôtel via la ligne A Aeropuerto. À la descente de l'autobus, un pseudo Brésilien me demande si je parle espagnol puis d`où je suis. Il dit avoir un ami à Montréal qui joue au football et fait semblant de me donner un croc-en-jambe tout en tentant de sortir mon portefeuille de ma poche arrière...bien boutonnée et portefeuille rentré le bout étroit au fond de la poche Il a vite décroché quand il a senti que je tenais ma poche Nous ne sortirons pas ce soir.
4 août : Nous sommes allé faire nos adieux à Fuengirola : balade à bord du petit train touristique, lèche-vitrine (dimanche, magasins fermés sauf de rares exceptions). En furetant un peu nous avons découvert le patio de l`hôtel Las Rampas, un charmant endroit bien caché avec une très jolie cascade qui tombe en palier du haut des trois étages du batiment,.belle trouvaille.
Pour finir, lunch au bar de la Playa Galgo suivi d'une crème glacée dans une des nombreuses Heladerias du Paseo del Mar. Venus par le train, nous sommes retoutné en autobus pour découvrir que le terminus de l`autobus en provenance de Fuengirola...n'est pas au Terminal Autobuses mais près de l'entrée du port de pêche. Nous sommes rentrés à l'hôtel en taxi.
5 août : Notre vol partant à 14h50, en bon nord américain, nous sommes à l'aéroport à 10h45. À notre grand étonnement, à 11:10 nous avions notre carte d'embarquement, passé la sécurité et n'avions plus qu'à nous promener dans les boutiques et à luncher dans un pub anglais en attendant l'embarquement.
Moins expéditif à Montréal : à 16h08 nous étions stationnés sur le tarmac en attendant que l'avion qui occupait notre porte l'ait quittée, trois quarts d'heure pour passer la douane, 40 minutes devant le carouselle 4 que l'équipage nous avait indiqué pour prendre nos valises avant de découvrir qu'il y avait eu changement : elles se promenaient lamentablement sur le carouselle 2.
À 18h40, nous sortions de l'espace des arrivées pour chercher un taxi quand, ô merveille de la piété filiale, nous avons vu nos filles venues nous chercher.
Tout est bien qui finit bien.
jeudi 11 août 2011
Sorry for the delays
Starting Sunday, August 14, until Tuesday, September 6, I may be slow commenting or answering comments since I will be away to Europe (First time ever in my life, so it's about time). My faithful minicomputer will follow me but WiFi is not available everywhere along the way. Whenever I can, I'll keep in touch.
See you later, au revoir, arrivederci.
See you later, au revoir, arrivederci.
lundi 8 août 2011
Mémoires...
Chapitre 8 : Les années floues
(1951-1954)
Le Noviciat des Pères Oblats, à Chambly, offrait un accueil impressionnant. Ses 5 ou 6 étages, son allée menant, au bout d’un parc, au portail de la vaste structure en U ouvrant ses bras à toute cette jeunesse venue s’y blottir, donnait un sentiment de paix et de sérénité. L e hall d’entrée, si je me souviens bien, était majestueux avec ses marbres et son éclairage tout en douceur. Le silence vous enveloppait de ouate et forçait le recueillement. Après la bienvenue, on me conduisit à ma chambre, appelée cellule dans le langage monastique.
La première semaine, les exercices liturgiques, la prise d’habit (laisser les vêtements laïcs pour la soutane), la prise de contact avec les nouveaux Frères, tout ce remue-ménage, laissaient peu de place à la véritable question : qu’est-ce que je suis venu faire ici? Le véritable questionnement commença dans les semaines suivantes. Les Offices à la chapelle, le travail à la bibliothèque, j’y avais été affecté, me donnait beaucoup de satisfaction, certes, mais rien de différent de celle que je ressentais à l’extérieur. Côté spirituel, j’avais vécu des expériences plus intenses dans la forêt (un petit côté païen?) ou, même, lors de mes longues promenades solitaires dans le bruit de la ville ou dans l’effervescence des camps scouts.
Deux éléments me déplaisaient souverainement : le rituel de l’auto-flagellation du vendredi soir, si bénigne cette flagellation fut-elle, et la correction fraternelle présentée comme la fine fleur de la charité. Il devint vite évident que cette « fine fleur » était truffée des épines des règlements de compte et de l’auto-promotion, la charité en prenait pour son rhume dans toutes ses dénonciations et ces blâmes pas toujours justifiés. La discipline, c’est comme ça qu’on nommait l’auto-flagellation et le petit fouet de corde tressée dont on se servait pour le rituel, devait châtier le corps et apaiser les passions; chez certains, elle les exacerbait plutôt, les passions. Après deux mois et demi de ce régime, j’ai quitté la soutane et suis revenu à la vie laïque. Entré le 28 juillet 1951, j’ai quitté à la mi-octobre.
Partir n’était pas le plus difficile. La voie des études désormais fermée, il fallait gagner ma vie. Au début des années 50, une dépression s’annonçait. Les vétérans et les mis à pied de l’industrie de guerre inondaient le marché du travail. J’avais une belle culture mais aucune formation spécifique ni expérience de travail. Partout où j’allais, je me faisais dire que j’avais certes de belles connaissances mais pas celles que l’employeur recherchait ou encore : «Vous êtes trop instruit pour l’emploi que nous offrons, cela ne vous intéressera pas et vous ne resterez pas». J’ai eu une petite phase dépressive, je l’avoue, devant ce cul-de-sac apparent.
Un jour, lors d’une rencontre de chefs scouts, un de mes ex-condisciples au collège me dit avoir peut-être un emploi pour moi. La compagnie d’assurance qui l’employait cherchait quelqu’un pour l’aider dans son travail. Il me présente à son patron qui me dit : «Si J.-G. vous recommande, ça va. Quand pouvez-vous commencer?» Le lendemain, je commençais mon premier véritable emploi. Notre service recevait et acheminait le courrier interne et externe, classait et recherchait les dossiers des assurés et fournissait les serviettes sanitaires pour la toilette des femmes. Quand nous trouvions une note anonyme demandant une boîte de sandwiches, nous déposions une boîte de ces serviettes sur une filière convenue…et tout le monde était heureux. La beauté de la chose, cependant, c’était la presse rotative-couleurs dont la compagnie s’était dotée pour imprimer ses propres contrats d’assurance.
L’ami J.-G., avait été formé à opérer la machine et il était le seul à pouvoir le faire. Il me forma à le faire aussi. En 1951, la compagnie était la première à Montréal à posséder une telle machine. Bientôt une compagnie voisine s’en procura une et, en l’espace de quelques mois, notre salaire doubla, ou presque. Il suffisait de dire que tel gérant nous avait parlé et le tour était joué. Essayez de faire ça aujourd’hui.
En septembre 1952, j’avais réussi à me mettre des sous de côté et je crus pouvoir m’inscrire à l’École normale Jacques-Cartier pour obtenir un brevet d’enseignement. Évidemment, ma mère n’était pas d’accord, je ne ferais jamais un bon professeur, etc, etc… J’y suis quand même allé. J’y ai rencontré deux amis que je vois encore et un certain nombre de nationalistes exacerbés que je ne vois plus. Les places étaient contingentées et ces bons chrétiens me taxaient de voler la place d’un VRAI Québécois.
Les frais avaient beau être minimes, mes sous s’épuisaient quand même. Je rencontrai le directeur pour lui demander une lettre de recommandation et un formulaire pour un Prêt d’honneur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Le brave me regarda avec un petit sourire en coin et déclara : «Mon Costopoulos, avec un nom comme le tien, ne perds pas ton temps à demander un prêt à la SSJB». J’étais de retour sur le marché du travail.
Commis vendeur de vêtements pour hommes chez Eaton, le temps d’une vente de janvier, classeur et étiqueteur de livres à la librairie des Clercs de St-Viateur, ajusteur dans une compagnie d’assurances accident-maladie pour une compagnie qui ne payait à peu près jamais rien, tout ça entrecoupé de périodes de chômage plus ou moins longues, telle fut ma vie de 1953 à mars 1954 quand la chance me sourit enfin via mon aumônier scout.
De 1951 à 1954, si je n’ai pas sombré, c’est grâce au scoutisme qui fut ma stabilité, mon engagement, là où je me sentais utile à quelque chose; je me souviens encore avec émotion de cette période et je dois une fière chandelle à Robert Baden-Powell Lord Gillwell.
(à suivre...)
jeudi 4 août 2011
Mémoires...
Chapitre 7 : Les influences, de 0 à 20 ans
(en guise de parenthèse)
Un homme ne se fait pas seul. Au cours de mes 20 premières années de vie, voici l’Équipe qui m’a aidé à devenir ce que je suis.
Mon père, même s’il nous a abandonné quand j’avais 10 ans, m’a quand même transmis la fierté de mes origines et de la culture grecque. Il a éveillé ma curiosité et mon désir de voir plus loin que mon coin de pays. Il m’a initié à la langue anglaise sans le vouloir vraiment, simplement en parlant anglais avec ma mère.
Ma mère, même très dévalorisante à mon égard, m’a tout de même appris à lire, écrire et un peu à compter (mais je n’étais pas très coopératif dans ce domaine). Elle m’a transmis sa tête dure et son obstination.
Ma grand-mère m’a transmis le goût d’aimer et d’aider les autres, la clémence et le pardon. Mon grand-père alcoolique ne lui rendait pas la vie facile, mais après 60 ans de mariage elle l’aimait toujours « son vieux malcommode », comme elle disait avec un petit sourire en coin.
Mon oncle Henri, le frère de maman et un peu beaucoup notre père substitut, m’a donné son humour un peu grinçant et son ironie; une forme, chez-lui, de s’affirmer et de dire : « Vous ne m’aurez pas ».
Mes frères, à leur insu, m’ont donné une certaine patience, une certaine tolérance et un grand besoin de justice, surtout distributive. Étant l’aîné, je les ai souvent vus obtenir en même temps que moi des privilèges que j’avais attendus des années. J’en ai conçu une profonde répulsion face à l’injustice et à l’inégalité.
Voilà, pour ma famille immédiate.
Quant aux influences extérieures, elles furent évidemment nombreuses et parfois déterminantes.
Vers 1938 ou 39, deux touristes américaines, des institutrices du Minnesota, après avoir causé avec moi et deux copains, en anglais, sur le quai de Chicoutimi, nous avaient promis de nous envoyer des livres. Nous avions oublié cela, quand, en octobre ou novembre de cette année-là, nous avons reçu un paquet : les Minnesota Primers de 1ère, 2ième et 3ième année du primaire. Je les lus et relus à les savoir par cœur. J’avais les bases de la lecture et, un peu, de la grammaire anglaises.
Au collège, j’étais déjà bilingue et j’ai eu le privilège, pendant 6 années consécutives, d’avoir l’abbé Lachance comme prof d’anglais. Il s’est vite rendu compte que je lisais pendant son cours, au lieu de s’en offusquer, il m’appela à son pupitre, avec Raoul Desjardins dont l’anglais était la langue maternelle, et nous dit que nous pouvions lire pendant son cours…mais qu’il choisirait lui-même nos lectures. Bien sûr, nous devions faire les travaux et passer les examens comme tous les autres, mais quel merveilleux voyage il nous a fait faire à travers toutes les époques et les styles de la littérature anglaise. D’où il est maintenant, il sait toute la reconnaissance que je lui voue. Les larmes me viennent encore aux yeux en écrivant ceci.
M. Langis, dont j’ai parlé au cours du chapitre 6, m’a contraint, pour survivre à ses exigences, à développer une méthode de travail qui m’a bien servi toute ma vie professionnelle et qui me sert encore.
Enfin, je ne voudrais pas terminer cette parenthèse sans mentionner l’abbé Labrecque, l’aumônier du Cercle des jeunes naturalistes, qui a su nourrir ma curiosité sur les questions de la nature et me donner une façon de chercher et de classer les découvertes.
L’abbé Saint-Georges, pendant 6 ans mon directeur de conscience, a su tempéré ma fougue mais sans l’étouffer et fut un bon contrepoids, avec ma grand-mère, à l’influence dévalorisante de ma mère qui me prédisait toujours l’échec de tout ce que j’entreprenais, me reprochant d’être trop comme mon père.
Ces gens m’ont aidé à me bâtir et je les en remercie, même ma mère qui m’a tout de même, par la lecture et l’écriture, donné la poutre qui m’a permis d’asseoir mes bases et de me développer.
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