dimanche 7 février 2010

About integration.

L’Importé

(Paul Costopoulos, mardi, 26 janvier 2010)
Les espoirs de 1945 étaient, pour la première fois, regroupés dans la salle d’étude d’Éléments-Syntaxe-Méthode.  Le supérieur du collège leur souhaitait la bienvenue soulignant leur chance d’avoir été choisis parmi les fils de la classe ouvrière pour appartenir aux élites de demain.  Fondé en 1933, le collège avait pour mission de donner accès aux fils de familles moins fortunées au cours classique  porte d’entrée privilégiée des hautes sphères intellectuelles, sociales, religieuses et politiques (le monde des affaires? Pas dans le portrait).
Étrennant ces bancs et les réchauffant pour les trois prochaines années, cent un garçons avaient hâte qu’il finisse pour aller explorer ce nouvel univers.  Tous, sauf trois, provenaient de familles supposément pure-laine.  Ces trois avaient une mère canadienne-française (c’est comme ça qu’on disait dans le temps) mais des pères immigrants syrien, ukrainien et grec.  Un quatrième ne s’en vantait pas mais son nom français cachait une mère américaine et une langue maternelle anglaise; il se fondait donc dans la masse.
Bientôt le racisme montra le bout de son nez.  Tout d’abord, on les ignora ces trois importés.  Puis des petites remarques du genre : « D’où tu viens? »  Plus subtile encore : « Quand tu retournes chez-vous? »  Un peu plus agressif : « Ton père vole les jobs de nos pères! »  Un jour, à la cafétéria, le grec demande qu’on lui passe le sucre, S.V.P., avec un air de dédain, son vis-à-vis, R.V., lui dit : « J’ai pas à passer le sucre à un maudit grec comme toé ».  Avec une agilité et une énergie qu’il s’ignorait, en une fraction de seconde, le 
« maudit grec » avait sauté par-dessus la table et tenait le pure-laine à la gorge.  Il fallut six paires de mains et un professeur pour lui faire lâcher la boule de laine affalée inconsciente sur le plancher.
Explications fournies, enquête complétée, R.V. eût une retenue de deux heures le jeudi suivant, le grec fut sérieusement averti de ne plus recommencer.  Il s’en suivit une trêve, mais pas la paix.  Les succès du grec faisaient grincer des dents et la place qu’il prenait dans les activités extracurriculaires portait ombrage à ceux qui se croyaient, du droit du premier occupant, seuls à devoir accéder aux responsabilités d’organisation.  Un jour, un de ses rares alliés l’avisa qu’un groupe se préparait à le mettre à sa place le mardi midi suivant.  Mardi et jeudi après-midi, congé, les gars s’attardaient souvent autour du collège.  Ce mardi matin, le grec remit au supérieur du collège une enveloppe cachetée.  Il mit le supérieur au courant de ce qui se préparait et lui demanda, s’il lui arrivait quelque chose d’ouvrir la lettre, sinon qu’il la détruise.
Ce midi-là, près de l’église St-Alphonse, le grec se trouva cerné par une quinzaine de gars, dont le syrien, sans se démonter il leur laissa savoir qu’une enveloppe contenant tous leurs noms étaient entre les mains du supérieur et il leur dit : « Maintenant faites ce que vous voudrez, moi, je ne bouge pas ».  À ce moment précis, un hasard?, un prof passa par là et demanda si tout allait bien.  Le groupe se dispersa aussitôt.  Pour le reste de son cours, le grec, s’il ne fut pas universellement aimé fut, à tout le moins, craint et respecté.

11 commentaires:

  1. From what I deducted racism and snobbishness appear everywhere. I will have to return with a dictionary, though, to get a clearer picture. Merci beaucoup par les lessons de francais e de humanitee, mon ami.

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  2. p.s.
    You could add a google translation widget to help us poor monolinguals.

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  3. BTW. I was intrigued by your comment on my memoir. The one about your mother.

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  4. p.p.s.
    Sorry, I forgot to thank you for being so conscientious and kind, following all three of my blogs. You win!

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  5. My mother was quite a character. She was for ever dissatisfied and did take shortcuts...not always honest. Had I listened to her I would never have done what I have. I was, as she said, to much like my father to ever amount to anything good. That was one of her confirmed lies; I saw to it that it was.
    As for the translation widget, I'll explore the matter. And following your blogs is no great effort.

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  6. Thanks to my son's expertise, the translation widget is now installed.

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  7. We had a slight problem...but the translaion widget is now fully operational.

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  8. Paul, continue avec tes souvenirs - pas seulement parce que our lives have to leave traces not only in the hearts of our beloved - mais aussi parce qu'ils sont beaux.

    Cette affaire de la pure laine ... J'ai admiré ton scatto quand tu tenait le sal pure-laine à la gorge. These things hit me, il coraggio anche fisico. Besides I like that you advanced in your studies despite your social disadvantage, de manière à susciter l'envie et une tentative, avortée, de beating-up.

    En passant, comme chez nous, Francia e altri paesi latini, i corsi classici erano (oggi non più, ma esistono, eccome) porta d'ingresso privilegiato per le alte sfere – qui da noi anche quelle economiche, strano che da voi no.

    Mi vengono ricordi simili, ma al contrario. First of all here we didn't have ethnicity – now existing – since in the after war period (50s) we were all Italians, and whether from sud centro o nord, it didn't matter much, dans une ville qui ouvre ses bras comme la colonnade du Bernini de la place Saint-Pierre (well it used to open her arms, now racism is mounting)

    Al contrario perché a me invece mi pestavano (beat up) gli operai (workers) e in genere ci riuscivano (usually they succeeded perché più forti di me. Per andare a scuola dovevo attraversare 2 volte il loro quartiere, all'andata e al ritorno, e loro, sentendo I don't know dall'odore, dai vestiti, hard to say - che ero un borghese, fioccavano sassate (stones), pugni e sonore pestate (sound beating-ups).

    Allora mi sono allenato, I trained myself, ho corso e fatto pesi a casa e poi mi sono messo a pestare allegramente anche io, e alla fine mi hanno lasciato in pace e mi hanno soprattutto rispettato.

    2, maybe 3, were the future fathers of students who will chance in my classes as a teacher 20 years later. E' stato molto bello ritrovarsi.

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  9. Rosaria, don't be demanding. Here's the tool, help yourself:

    http://translate.google.com/?hl=fr&ie=UTF8#

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  10. MoR, I installed the translation widget on my blog, not only for Rosaria but for all who may need it. Of course my son was of great help. The first installation did not quite work but he found the bug and all is fine now.

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