lundi 16 avril 2012

Trying young wings

Tonight I got the news that my 16 year grandson has been hired for his first summer job.  He will be aid monitor at the École Polytechnique de l'Université de Montréal's day camp where he has been a camper for several years now.
He also, with his driving instructor, drove on an autoroute for the first time today.  His comment:"100km/h is cool".
Big celebration to be held next Sunday.

dimanche 18 mars 2012

23C

Can you imagine, here it is 5:32 P.M. and we are in summertime on March 18.  In all of my of my 81 years I can't remember being outside all day in shirt sleeves.  The day lilies and one tulip have started to sprout, unbelievable.

samedi 18 février 2012

Orchid's progess

Thought you would be interested by our winter garden's progress.  Two more buttons seem to be ready to bloom.


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vendredi 10 février 2012

Our Winter garden


Yes, Thérèse has nurtured the orchid and African violets plants back to a flowering stage.  First time in 46 years.  These ones had been dormant for several months, of course we did not tell them it was winter outside.
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mardi 7 février 2012

Grand Canyon



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La Complainte de Rio Colorado


“N’ai-je donc blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en jour flétris tant de lauriers? »
Corneille, Le Cid (Don Diègue)

Voici un peu plus de dix-sept millions d’années, je naissais, fièr torrent, dans les hauts cols des Rocheuses en plein soulèvement.  Mon impétuosité eût tôt fait de m’ouvrir un chemin à travers le sol jusqu’au golfe qui ne s’appelait pas encore « de Californie ».
Je coulais des jours heureux quand, il y a environ douze mille ans, les bipèdes humains se sont installés sur mes rives.  Au début, tout alla plutôt bien.  Peu nombreux, ils me respectaient, moi, mes habitants sous-marins et les animaux qui venaient s’abreuver à mes eaux.
Vers l’an 1500, d’autres bipèdes humains arrivèrent, vêtus de cottes de mailles, armés de pied en cap et lançant le feu au bout de longs bâtons.  Dès ce moment les choses se gâtèrent.  Très rapidement plus nombreux, ils pillèrent mes ressources, entravèrent mon cours et puisèrent mon eau pour toute sorte de choses  que notre Mère Terre n’avait jamais prévues.
J’avais bien réussi, au cours des millénaires, à me protéger un peu en creusant de profondes tranchées au fond desquelles je me cachais.   Peine perdue, ils réussissaient toujours à me rejoindre.  Plus, un jour, ils conçurent un truc appelé « électricité ».  Pour la produire, un peu partout dans mes gorges,  ils construisirent d’immenses barrières où ils installèrent d’énormes trucs qui produisaient des étincelles et, paraît-il, de l’électricité.
Ces bipèdes formèrent des groupes, puis des villages qui devinrent des villes avec des usines et des égouts et des aqueducs.  Pour ces villes et les campagnes qui les nourrissaient, ils puisèrent de plus en plus d’eau; avec l’eau retenue derrière leurs barrages, J’avais de moins en moins d’eau dans mon lit.  L’humeur de notre Mère la Terre s’en échauffa et mon eau s’évapora encore plus vite, surtout que les bipèdes, par toutes leurs activités et leur pollution, contribuaient aussi à ce réchauffement d’humeur.
Je ne suis plus qu’un pauvre fleuve, mâté, dompté, presque asséché, ou en voie de le devenir, et je m’épuise avant d’arriver au bout de mon cours.  Je n’ai plus de nouvelles du Golfe de Californie, puisqu’il paraît qu’il s’appelle, maintenant, comme ça.
Porte-parole : Paul Costopoulos, jeudi, 2 février 2012

mercredi 18 janvier 2012

Intemporel

Imaginez deux vieux qui se bercent l'un en face de l'autre...


Cric…crac,  cric…crac, les lattes du plancher scandent les va-et-vient des  berçantes des deux vieux.   Le plancher semble dire : « Hier…Demain », aujourd’hui, ils en jouissent, hier n’est plus…et demain, si incertain.  Comme le tic…tac d’une horloge, les craquements les emmitouflent dans un cocon ouaté où ils se sentent bien et unis dans une communication silencieuse et intense.  Après toutes ces années, ils se devinent, se sentent et la parole devient un peu superflue dans le train-train quotidien.
Elle, ses jointures la font bien souffrir un peu, mais ses doigts continuent à tricoter et glissent d’une maille à l’autre comme sur les Ave d’un chapelet.  Une maille, un souvenir, un sourire : le foulard de son jeune mari, sa chaude veste au motif nordique, la première layette, la petite robe de baptême, les mitaines, les bas chauds pour les bottes d’hiver;  même la catalogne du salon que seul M. le curé voyait et certains invités spéciaux… si peu nombreux d’ailleurs.  La famille et la ferme laissaient peu de temps pour les activités sociales.
Lui, ses dents peinaient bien un peu à retenir la pipe collée à ses lèvres, mais son mélange personnel  et secret sentait si bon et les volutes de fumée donnaient à ses pensées des formes dans lesquelles il se complaisait et se perdait en rêveries et souvenances sans fin et, sauf exception, heureuses : les « bons soirs » de fréquentation, quand le fanal était accroché au-dessus de la véranda, la grande demande, l’église, la première maison et la ferme.  Il y avait laissé son dos et ses jambes, mais quelles satisfactions de regarder les lieux, maintenant, et le fils successeur et fidèle à l’héritage familial.
Tous deux unis et heureux, hors du temps, témoins du passé, générateurs du présent et espérant, malgré tout, un demain; ils bercent leurs souvenirs et leurs amours en attendant… le temps qu’il leur reste.

Paul Costopoulos, mardi, 17 janvier 2012