mardi 7 février 2012

Grand Canyon



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La Complainte de Rio Colorado


“N’ai-je donc blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en jour flétris tant de lauriers? »
Corneille, Le Cid (Don Diègue)

Voici un peu plus de dix-sept millions d’années, je naissais, fièr torrent, dans les hauts cols des Rocheuses en plein soulèvement.  Mon impétuosité eût tôt fait de m’ouvrir un chemin à travers le sol jusqu’au golfe qui ne s’appelait pas encore « de Californie ».
Je coulais des jours heureux quand, il y a environ douze mille ans, les bipèdes humains se sont installés sur mes rives.  Au début, tout alla plutôt bien.  Peu nombreux, ils me respectaient, moi, mes habitants sous-marins et les animaux qui venaient s’abreuver à mes eaux.
Vers l’an 1500, d’autres bipèdes humains arrivèrent, vêtus de cottes de mailles, armés de pied en cap et lançant le feu au bout de longs bâtons.  Dès ce moment les choses se gâtèrent.  Très rapidement plus nombreux, ils pillèrent mes ressources, entravèrent mon cours et puisèrent mon eau pour toute sorte de choses  que notre Mère Terre n’avait jamais prévues.
J’avais bien réussi, au cours des millénaires, à me protéger un peu en creusant de profondes tranchées au fond desquelles je me cachais.   Peine perdue, ils réussissaient toujours à me rejoindre.  Plus, un jour, ils conçurent un truc appelé « électricité ».  Pour la produire, un peu partout dans mes gorges,  ils construisirent d’immenses barrières où ils installèrent d’énormes trucs qui produisaient des étincelles et, paraît-il, de l’électricité.
Ces bipèdes formèrent des groupes, puis des villages qui devinrent des villes avec des usines et des égouts et des aqueducs.  Pour ces villes et les campagnes qui les nourrissaient, ils puisèrent de plus en plus d’eau; avec l’eau retenue derrière leurs barrages, J’avais de moins en moins d’eau dans mon lit.  L’humeur de notre Mère la Terre s’en échauffa et mon eau s’évapora encore plus vite, surtout que les bipèdes, par toutes leurs activités et leur pollution, contribuaient aussi à ce réchauffement d’humeur.
Je ne suis plus qu’un pauvre fleuve, mâté, dompté, presque asséché, ou en voie de le devenir, et je m’épuise avant d’arriver au bout de mon cours.  Je n’ai plus de nouvelles du Golfe de Californie, puisqu’il paraît qu’il s’appelle, maintenant, comme ça.
Porte-parole : Paul Costopoulos, jeudi, 2 février 2012

mercredi 18 janvier 2012

Intemporel

Imaginez deux vieux qui se bercent l'un en face de l'autre...


Cric…crac,  cric…crac, les lattes du plancher scandent les va-et-vient des  berçantes des deux vieux.   Le plancher semble dire : « Hier…Demain », aujourd’hui, ils en jouissent, hier n’est plus…et demain, si incertain.  Comme le tic…tac d’une horloge, les craquements les emmitouflent dans un cocon ouaté où ils se sentent bien et unis dans une communication silencieuse et intense.  Après toutes ces années, ils se devinent, se sentent et la parole devient un peu superflue dans le train-train quotidien.
Elle, ses jointures la font bien souffrir un peu, mais ses doigts continuent à tricoter et glissent d’une maille à l’autre comme sur les Ave d’un chapelet.  Une maille, un souvenir, un sourire : le foulard de son jeune mari, sa chaude veste au motif nordique, la première layette, la petite robe de baptême, les mitaines, les bas chauds pour les bottes d’hiver;  même la catalogne du salon que seul M. le curé voyait et certains invités spéciaux… si peu nombreux d’ailleurs.  La famille et la ferme laissaient peu de temps pour les activités sociales.
Lui, ses dents peinaient bien un peu à retenir la pipe collée à ses lèvres, mais son mélange personnel  et secret sentait si bon et les volutes de fumée donnaient à ses pensées des formes dans lesquelles il se complaisait et se perdait en rêveries et souvenances sans fin et, sauf exception, heureuses : les « bons soirs » de fréquentation, quand le fanal était accroché au-dessus de la véranda, la grande demande, l’église, la première maison et la ferme.  Il y avait laissé son dos et ses jambes, mais quelles satisfactions de regarder les lieux, maintenant, et le fils successeur et fidèle à l’héritage familial.
Tous deux unis et heureux, hors du temps, témoins du passé, générateurs du présent et espérant, malgré tout, un demain; ils bercent leurs souvenirs et leurs amours en attendant… le temps qu’il leur reste.

Paul Costopoulos, mardi, 17 janvier 2012

lundi 9 janvier 2012

Clouds



While reading Amanda's blog, I was inspired to fish out some of my favorite cloud photos.
Please forgive my piggybacking.

Mijas Alta, Spain



Mijas Alta, Spain



Fuengirola, Spain



At sea on the Adventure of the Sea



Longueuil, Québec



Eastman, Québec



Near Chechen Itza, Mexico



Chechen Itza, Mexico



Rivière-du-Loup, Québec



Saguenay Fjord, Québec



Niagara Falls, Ontario



Somwhere over the U.S.A.



Near Las Vegas, Nevada.



International bridge, Sault-Ste-Marie, Ontario
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samedi 24 décembre 2011

mercredi 23 novembre 2011

It's here

This morning, we woke up to this: a two centimeters white blanket.





This above photo is for Cheri, the one below is for Rosaria


Sledpress wil like to know that while all else is freezing outside, Miss Catherine is snuglly ensconced in the warmth of my study room seat.
Keep warm northern cocitizens.
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lundi 21 novembre 2011

Occupy highjacking

Our Montreal Square Victoria occupiers are going through a tough questioning period.  They realize that their site is being taken over by homeless people, psychiatric cases, junkies and dealers.  Their own order service can not cope anymore and they appreciate the help from the police and firemen who have been collaborating with them since the beginning.
Last night some of the very first Occupiers went home saying they were exhausted by the "social work" they had to spend their days doing.  The fact is that social work without proper training is exhausting and even dangerous.
The Occupiers were hospitable, fed the vagrants and even sheltered them.  Unfortunately they failed to fathom the exploitative capacity of some of those guys and they are paying the price.
As a first step they have now stopped giving food to people who can not prove that they are doing their bit on the site.  Nights could prove more problematic though.  Let's hope they will solve their problems and that the movement will not be destoyed from the interior by the parasites it has attracted.

mercredi 12 octobre 2011

Early Fall




Photos taken 10th October 2011 at Parc Marie-Victorin, along the St-Lawrence River in Longueuil, Qc.






Fishing in midstream (zoom lens used)
Not only the trees offer colours: containers stacked on  a wharf

the Mont Royal in the background


Trail in the bush
Light play











From my backyard












My neighbour's evergreen's top at about 10 meters high (zoom lens)
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